"Je reviens d’un long voyage", un livre témoignage de Stéphane Cognon

, par  Véronique R. , popularité : 5%

Voilà un excellent livre pour les personnes qui ont « entendu » parlé de la schizophrénie par les médias télévisés d’actualités ou par le bouche à oreille populaire (bruits de rue) et qui souhaiterais apprendre réellement ce qu’est, dans notre monde occidentale, vivre une schizophrénie.

Ce livre s’adresse également aux personnes venant de faire une crise psychotique et ayant bien sûr conscience de cet état de fait.


Stéphane Cognon nous fait prendre conscience que la bascule dans un état hors réalité par rapport à la réalité de « monsieur tout le monde », peut survenir lorsqu’on cherche à aller bien au delà de nos limites de tolérance physique et corporelle.

Dans ce contexte, l’approche du monde psychiatrique est réaliste, bien loin des clichés médiatiques.

Par ailleurs, la visions du monde médicale au regard des personnes diagnostiquées avec une schizophrénie est très critiquée, et cela est savoureux pour les patients qui le liront. Il dénonce aussi les préjugés fondés sur les prédicats que la schizophrénie est synonyme de folie et que la psychiatrie enferme les personnes inapte à vivre en société, parce que faisant partie de la non-normalité qu’il faut éradiqué du champs de vision.
Ma vision sur ce point de vue est  : Vivre dans une autre réalité psychique ou avoir une autre interprétation de la réalité physique environnementale, sociale ou de concepts, n’est pas synonyme de folie ; la véritable folie de l’humain est d’exclure son prochain parce qu’il possède une différence. L’exclusion d’un individu de sa communauté entraîne sa mort, qu’elle soit physique ou psychique. Nous sommes tous caractérisés par des différences les uns par rapport aux autres et s’exclure les uns des autres reviendrait à un suicide collectif, mais inconscient. C’est cela, la vraie folie de l’être humain.

Ce livre possède donc des bases de réflexions essentielles à la vie sociétale.
Il y est mis en avant le fait que, malgré ayant subit auparavant une différence d’organisation psychique notable par rapport « aux autres », nous pouvons malgré tout prendre une distance d’exclusion de notre prochain qui subit lui-même cette différence d’organisation psychique et d’interprétation du réel, nous pensant être revenu dans la « catégorie normale ». L’épisode du « pervers pépère à l’hôpital psychiatrique » le démontre bien.



Divers thèmes sont abordés comme la consommation de stupéfiants, les relations entre patients au sein de l’hôpital ou clinique psychiatrique, mais aussi les relations « entre schizophrènes » une fois dehors qui, parfois, ont bien du mal à se comprendre, car chaque schizophrénie est souvent bien différentes les unes des autres.

Une réflexion philosophique sur le cannabis et analogie m’a notamment interpellé. A la façon d’Obélix (dans la bande dessinée ou dessin animé), le protagoniste se doit de refuser la substance car « il est tombé dedans quand il était petit ». A cette réflexion très imagée, nous comprenons que le fait d’avoir consommé très jeune du THC présent en très forte concentration dans le cannabis de rue, a impliqué d’ouvrir une brèche qui ne se referme plus. L’état altéré de conscience devient permanent s’il n’y a pas de prise de remède. Cela est spécifique à certaines personnes, mais on ne peut jamais savoir à l’avance qui « restera perché ».

Stéphane décrit son monde intérieur discrètement. Quelques éléments sont révélés, sans entrer dans le vif du sujet, ne souhaitant certainement pas s’exposer.

Mais un des éléments les plus importants abordé, est le retour du patient dans la société, et surtout son intégration dans celle-ci. Être en couple, avoir une vie de famille, avoir un travail est essentiel pour la plupart d’entre nous. Nous nous rendons compte que cela est possible, même s’il faut parfois protéger les autres de leurs propres peurs.


"Je reviens d’un long voyage" de Stéphane Cognon est disponible chez Amazon

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