Les schizophrénies, haut risque cardiovasculaire, diabète, surpoids et cholestérol !

, par  Véronique R. , popularité : 3%

Le sujet schizophrène est à haut risque cardiovasculaire. En d’autres termes, la prévention cardiovasculaire et le traitement des troubles cardiovasculaires doivent faire partie intégrante de la prise en charge du sujet schizophrène.
Cette considération est importante car elle signifie que les patients doivent aussi bénéficier d’une surveillance accrue dans ce domaine mais aussi une surveillance de la glycémie (à cause du risque de diabète), des triglycérides et du cholestérol.

La personne atteint de schizophrénie multiplie les facteurs de risque cardiovasculaire.

Parmi les maladies physiques en cause dans la surmortalité observé chez les patients schizophrènes, figurent au premier plan les maladies cardiovasculaires. On sait que dans ces maladies, les facteurs de risques sont l’obésité, le tabagisme, la sédentarité, le diabète et les troubles du métabolisme lipidique. Le tabagisme est beaucoup plus répandu chez les patients schizophrènes : une enquête a montré que 75% des patients schizophrènes aux États-Unis fumaient du tabac contre 25% dans la population générale. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer l’appétence pour le tabac des patients schizophrènes : la sensibilité supposée de leur cerveau aux effets stimulants de la nicotine et l’inoccupation en sont les deux principales.

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L’autre grand facteur de risque de maladie cardiovasculaire est l’obésité. Elle se mesure par l’indice de masse corporelle. Cet indice est calculé en faisant le rapport du poids exprimé en kilogrammes, par le carré de la taille exprimé en mètres. Les valeurs normales se situent entre 18,5 et 24,9. Pour des valeurs supérieurs, le risque de maladie cardiovasculaire devient très élevé. La prise de poids dans la schizophrénie est favorisé par certains traitements anti-psychotiques, par la sédentarité et les troubles du comportement alimentaires à type d’hyperphagie.
Une mauvaise hygiène de vie ou certains traitements anti-psychotiques peuvent entraîner des troubles du métabolisme des sucres et favoriser un diabète, ainsi que du métabolisme des graisses, et favoriser une augmentation dans le sang des taux de cholestérol et de triglycérides.

Enfin, il faut savoir que les facteurs de risques de maladies cardiovasculaire (tabagisme, surpoids, troubles du métabolisme glucidique, trouble du métabolisme lipidique, sédentarité), ne s’ajoutent pas mais ont des effets multiplicateurs : la présence de deux facteurs de risque augmentent par quatre le risque de trouble cardiovasculaire, trois facteurs de risques par six, quatre par dix et cinq par quatorze.

Ces troubles expliquent à eux seuls pourquoi la mortalité cardiovasculaire est deux plus élevée dans la population atteint de schizophrénie et pourquoi leur espérance de vie diminue de dix ans en moyenne.

La plupart du temps, toutes ces affections ne sont pas dépistées chez les sujets souffrant de schizophrénie. Ils bénéficient d’un traitement efficace contre la schizophrénie, mais d’aucune prise en charge des facteurs et des affections cardiovasculaires.

La prise de conscience relativement récente de l’ensemble de ces données à incité les psychiatres à mettre au point des mesures de surveillance de ces facteurs de risque et à préconiser une meilleure hygiène de vie à leurs patients, en luttant notamment contre le tabagisme, et le surpoids. Si un médicament antipsychotique entraîne des modifications trop importante du métabolisme du sucre et des graisses, il faut alors changer de traitement, car tous ne sont pas équivalent dans ce domaine.

Certains antipsychotiques ont également des effets sur la conduction cardiaque et peuvent entraîner des morts subites, raison pour laquelle ces traitements sont beaucoup mieux surveillés à l’heure actuelle au plan cardiaque.

Extrait tiré du livre La Schizophrénie : idées reçues sur la schizophrénie de Bernard Granger et Jean Naudin

Bernard Granger est professeur de psychiatrie à l’Université René Descartes, auteur de La Dépression dans la collection " Idées Reçues ". Jean Naudin est chef de service de psychiatrie universitaire au CHU Timone à Marseille, docteur en philosophie et professeur de psychiatrie à l’Université Aix-Marseille II.



La psychocardiologie

Jean-Pierre Houppe, cardiologue en libéral, a été amené à fréquenter d’autres rives, plus psychiques : la sophrologie, l’improvisation théâtrale à visée thérapeutique avec l’équipe du Bataclown, sans oublier une analyse d’inspiration jungienne
Jean-Pierre Houppe décide alors de mettre au service de sa spécialité ce qu’il a appris ailleurs, et développe en France une discipline nouvelle : la psychocardiologie, qui s’intéresse à l’impact du stress psychosocial (stress, anxiété, dépression) sur l’apparition et l’évolution des pathologies cardio- vasculaires.
En effet, des milliers de publications soulignent l’impact de l’environnement psychologique sur les pathologies cardiaques, et vice versa... Nos émotions peuvent nous briser le cœur. Le stress favorise l’infarctus, qui peut engendrer un syndrome de stress post-traumatique, lui-même facteur déclenchant d’infarctus ..

En prévention, Jean-Pierre Houppe recommande d’appliquer la règle des quatre A : abstention du tabac, activité physique, alimentation saine et affects positifs (règle qui s’applique également à la prévention du cancer). Parmi eux, l’activité physique est primordiale, elle diminue la mortalité cardio-vasculaire de 40 % ! Nul besoin d’être un grand sportif, il suffit de se bouger environ quarante-cinq minutes par jour, d’aller au travail à pied, de préférer l’escalier à l’ascenseur... La pratique régulière de la relaxation, de la sophrologie et de la méditation en pleine conscience est aussi très efficace pour lutter contre le stress.
Enfin, un individu à risque peut améliorer sa variabilité sinusale grâce à des logiciels ludiques de cohérence cardiaque, disponibles dans le commerce. Cette variabilité – on mesure les variations infimes des battements du cœur au repos grâce à un holter – est particulièrement faible chez les personnes anxieuses, stressées, hostiles, déprimées ou qui souffrent de burn-out : un marqueur significatif du risque d’athérome, d’infarctus du myocarde ou d’insuffisance cardiaque. Or, il n’existe aucun remède pour l’améliorer, à part la relaxation, la méditation et l’activité physique.

Il existe aussi un livre de Cohérence cardiaque 365 : Guide de cohérence cardiaque jour après jour écrit par le Dr David O’Hare, que vous pouvez vous procurer dans le lien en cliquant sur l’image :



Révélée par le Dr David Servan-Schreiber, la cohérence cardiaque est une pratique thérapeutique reconnue par la science et conseillée par les médecins. Cette pratique, inspirante, est basée sur une respiration rythmée. Ce livre vous dit comment l’incorporer à votre quotidien pour qu’elle délivre tous ses bénéfices. 365 c’est 3 fois par jour, 6 respirations par minute pendant 5 minutes. Les bienfaits de la cohérence cardiaque : Gestion du stress, de l’anxiété et de leurs conséquences, ainsi qu’un meilleur sommeil.
Le Dr David O’Hare est l’un des meilleurs spécialistes internationaux de la cohérence cardiaque. Il forme des thérapeutes au sein de l’Institut de médecine intégrée fondé par son ami David Servan-Schreiber.



Sources : psychologies.com

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